Une gerbe de notes cristallines, un accord nimbé de wah wah, soutenue d’une basse serpentine, de percussions chaloupées, socle de terre rouge duquel s’élèvent deux voix mélodieuses, tristes et douces. Le premier morceau de Toumastin [mon peuple], comme les dix suivants, démontre combien la continuité du rock touareg est majestueusement assurée par ce groupe de jeunes musiciens, originaire de Kidal, dans le nord du Mali. Le disque laisse toujours au centre l’espace, le vide, clef de voute de cette musique et source de son effet ensorcelant. A cela s’ajoute l’urgence d’un combat, celui qu’Ousmane Ag Mossa, le leader de Tamikrest, entend perpétuer pour la culture tamashek, malmenée par bien des maux, du terrorisme islamiste à la mise en coupe réglée du sous sol du Sahara par les multinationales. Les paroles sont traduites dans le livret, mais le souffle de la musique est tel qu’il se suffit à lui-même pour se transmettre à l’auditeur, à l’image du dernier morceau, à la mélancolie splendide.